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Nous sommes habitués à chercher les prix les plus bas pour acheter. Nous n’avons pas toujours conscience que derrière ce système de consommation bien élaboré se cache des pratiques parfaitement inacceptables. (Travail des enfants, salaires de misère, protection sociale nulle...) Le résultat, pour les grands groupes, c’est un profit maximum, et justement sur les prix les plus bas !
Mais nous savons quel est le prix social à payer. Nous savons que des travailleurs immigrés clandestins sont exploités comme des esclaves tout près de chez nous. L’Espagne, l’Italie, abusent d’une main d’oeuvre soumise... Mais aussi en France, les sans papiers pour beaucoup travaillent, et de nombreux exploitants manquent de scrupules... Qui pour les récoltes saisonnières, qui pour la plonge dans les restaurants, qui pour le nettoyage des quais et des tunnels... Qui dans la soutraitance dont les mécanismes sont d’une opacité telle que les contrôles sont dérisoires et les responsabilités diluées, même dans la dangereuse industrie du nucléaire.
Nous savons quel est le prix environnemental à payer. L’usage intensif des pesticides ne cesse de détruire la terre et les industries pétrochimiques ont encore de beaux jours devant elles. Jusqu’au jour où chacune devra inventer le moyen de créer des insectes et surtout des abeilles que résistent à leurs produits. Jusqu’au jour où chacune devra plaider coupable pour la destruction des plages devenus vertes, plaider coupable pour la destruction de la bio diversité et la désertification de l’Espagne. Et que dire de l’atteinte à la santé de tous ?
Nous savons quel est le prix humain qu’il faudra payer. Déjà, certaines bactéries ont étés isolées qui résistent à tous les antibiotiques connus à ce jour. Déjà certains humains sont irradiés pour plusieurs générations et leur pronostic vital est considérablement réduit. On nous cache soigneusement les méfaits du nucléaire. On nous cache le risque de perdre tous nos repaires sur l’ordre d’évacuer la zone. Dans les quelques heures qui suivent, notre vie peut tourner au cauchemar tout simplement parce que l’autorité décide de notre vie si l’accident nucléaire arrive ici comme au Japon.
Et donc, le prix libre est une mesure de résistance, face à cette société déviante que nous n’avons pas souhaitée. (Mais nous nous sommes fait piéger par la facilité.) C’est plus facile, entend-on souvent. Oui, mais voyez où ça nous mène.
Le prix libre fait que chacun se pose la question de ce qu’il peut et de ce qu’il veut payer pour le service rendu. Il est alors dans un processus d’échange qui n’a plus rien à voir avec la simple consommation. Il expérimente un nouveau mode de rencontre et de partage.
Chacun devient responsable de ses choix. Le visiteur, s’il désire que le service soit pérenne, fait ce qu’il convient en fonction de ses moyens.Il devient coauteur de l’événement et s’inscrit dans le même mouvement de résistance au modèle de consommation outrancier que nous impose l’autorité. S’il hésite dans ses choix, il peut se renseigner, prendre des informations sur les acteurs du service, sur les bénévoles qui ont participé, et sur l’engagement de leur manifestation. Il se trouve dans la situation de participer à sa mesure aux choix citoyens des organisateurs.
Les organisateurs font le choix du prix libre pour affirmer dans le concret leur position. Ils s’inscrivent dans une démarche non marchande, dans un esprit qui respecte les inégalités, même s’ils ne sont pas en accord avec le fait qu’elles existent dans des proportions souvent injustes. Enfin, tous s’inscrivent dans l’échange et le partage de leurs compétences.
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